La protection sociale peut-elle mieux soutenir les malades de la tuberculose en Asie du Sud-Est
Dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, les personnes atteintes de tuberculose peinent à accéder aux aides sociales dont elles ont besoin. Une évaluation récente menée en Mongolie, au Laos, aux Philippines, au Cambodge et au Vietnam révèle que les dispositifs existants restent insuffisants et mal adaptés. La plupart des pays de la région ne proposent des soutiens spécifiques qu’aux malades atteints de formes résistantes aux médicaments, laissant sans assistance la majorité des personnes touchées par cette maladie.
Les obstacles identifiés sont nombreux. Beaucoup ignorent tout simplement l’existence de ces aides ou ne savent pas comment y prétendre. D’autres renoncent par crainte d’être stigmatisées, en raison de la pauvreté ou de la complexité des démarches administratives. Les programmes sont souvent fragmentés, mal coordonnés entre les secteurs de la santé et de la protection sociale, et leurs critères d’éligibilité excluent une partie des bénéficiaires potentiels. Par exemple, moins de 1,5 % des ménages affectés par la tuberculose aux Philippines bénéficient des allocations prévues, alors que la majorité vit sous le seuil de pauvreté. Au Laos, seulement 0,4 % des malades déclarent recevoir une forme d’aide sociale.
Pour améliorer la situation, les experts suggèrent d’étendre les aides à tous les malades, pas seulement à ceux souffrant de tuberculose multirésistante. Ils recommandent aussi de simplifier les procédures, de renforcer l’information et la formation des travailleurs sociaux et des soignants, et de créer des systèmes de référence plus efficaces entre les services de santé et les organismes sociaux. Le Vietnam a déjà mis en place un réseau de travailleurs sociaux dédiés, qui accompagnent les malades dans leurs démarches et les aident à obtenir des soutiens financiers ou nutritionnels. En Mongolie, des points de contact communautaires permettent de repérer les besoins et d’orienter les familles vers les dispositifs adaptés.
Ces solutions visent à intégrer systématiquement la protection sociale dans la lutte contre la tuberculose. Elles pourraient aussi inspirer d’autres pays confrontés à des maladies liées à la pauvreté. L’enjeu est double : réduire les coûts catastrophiques supportés par les malades et renforcer l’efficacité des programmes de santé publique. Sans une meilleure coordination et des financements durables, les progrès resteront limités, surtout dans les zones isolées où les besoins sont les plus criants.
Références du site
Référence scientifique
DOI : https://doi.org/10.1186/s41182-025-00887-2
Titre : Towards universal social protection for people affected by tuberculosis in the Western Pacific Region: a social protection baseline assessment and policy entry points
Revue : Tropical Medicine and Health
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : D. Boccia; K. Rahevar; D. J. Carter; J. M. Pescarini; A. Schwalb; T. Islam; K. H. Oh; F. Morishita; R. P. Yadav