Le renforcement des muscles du tronc améliore-t-il vraiment la performance en VTT chez les femmes ?
Une nouvelle approche d’entraînement pourrait changer la façon dont les cyclistes de VTT se préparent pendant l’intersaison. Des recherches récentes montrent que le renforcement spécifique des muscles du tronc, ces muscles profonds et superficiels qui relient le haut et le bas du corps, apporte des bénéfices concrets aux athlètes féminines pratiquant le cross-country. Pendant huit semaines, des cyclistes âgées de 14 à 22 ans ont suivi un programme ciblé sur ces muscles, trois fois par semaine. Les résultats sont clairs : leur force maximale au niveau des muscles abdominaux et du dos a augmenté de manière significative, tout comme leur endurance latérale.
L’intérêt de ces muscles ne se limite pas à la simple force. Ils jouent un rôle clé dans la stabilité et le transfert des efforts entre les jambes et les bras, surtout lors des montées, des descentes techniques ou des sprints finaux. En renforçant cette zone, les cyclistes ont réussi à réduire les mouvements latéraux inutiles du vélo, ce qui signifie une meilleure maîtrise et moins de gaspillage d’énergie. Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, cette amélioration mécanique ne s’est pas traduite par une économie d’oxygène ou une réduction de la production de dioxyde de carbone pendant l’effort. Autrement dit, leur corps ne dépensait pas moins d’énergie, mais l’utilisait de manière plus efficace.
Les muscles du tronc se divisent en deux catégories : les muscles locaux, profonds et proches de la colonne vertébrale, qui assurent la stabilité, et les muscles globaux, plus superficiels, qui permettent des mouvements puissants. Ici, c’est surtout le travail des muscles globaux qui a été privilégié, avec des exercices de résistance adaptés. Les participantes ont soulevé des charges représentant 75 à 80 % de leur force maximale, avec une progression régulière pour stimuler l’adaptation.
Un point important de cette étude est qu’elle s’est intéressée exclusivement à des femmes, un public souvent sous-représenté dans la recherche sportive. Les variations hormonales liées au cycle menstruel, qui peuvent influencer la force, l’endurance et la récupération, n’ont pas eu d’impact visible sur les résultats. Cela suggère que ce type d’entraînement est bénéfique indépendamment de ces fluctuations, même si des recherches supplémentaires seraient utiles pour confirmer ce point.
L’entraînement a été intégré pendant la période de repos hivernal, une phase où les athlètes se concentrent habituellement sur la récupération et le maintien de leur condition physique. Remplacer une partie de leur routine habituelle par ce travail spécifique n’a pas seulement amélioré leur force, mais aussi leur capacité à garder le vélo stable sur des parcours exigeants. Sur un tapis roulant reproduisant un parcours de compétition, les cyclistes ayant suivi ce programme ont montré une réduction notable des déplacements latéraux, signe d’une meilleure économie de mouvement.
Ces résultats ouvrent des perspectives pour l’entraînement des cyclistes, en particulier pour les disciplines comme le VTT où la technique et la stabilité sont aussi importantes que l’endurance. Ils rappellent que la performance ne dépend pas seulement de la puissance des jambes ou de la capacité cardiovasculaire, mais aussi de la capacité à transférer efficacement cette puissance à travers tout le corps. Pour les athlètes et leurs entraîneurs, cela signifie qu’intégrer des exercices de renforcement du tronc pourrait devenir une stratégie clé pour progresser, même en dehors des périodes de compétition intensive.
Références du site
Référence scientifique
DOI : https://doi.org/10.1186/s40798-026-00996-0
Titre : Effects of Core Strength Training on Maximal Trunk Muscle Strength and Cycling Economy in Female Mountain Bikers
Revue : Sports Medicine – Open
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Roland Blechschmied; Jana Strahler; Urs Granacher